
Kailua-Kona, La Mecque du triathlon, est quant à elle une petite station balnéaire assezbanale, mais pleine de charme, bâtie le long d'une route côtière de quelques kilomètres. Une sorte de petit village olympique paisible où il fait bon flâner. Dès 6 heures, on peut nager en partant de la jetée en centre ville – il y a des casiers pour laisser ses affaires (c'est à dire en gros les tongs) et des bénévoles qui préparent le café ! Les athlètes font leur footing (parfois à 15-16 kmh et plus...) le long de la rue principale à tout heure du jour. Le parcours d'entraînement vélo est le parcours de la course lui-même, c'est à dire la quatre voies qui mène au nord, avec une bande d'arrêt d'urgence aussi large qu'une route, réservée aux vélos.
Les derniers jours, la ville est sous la coupe des hordes de triathlètes ; on sent la pression monter et on est grisé d'avoir la chance d'être là, au milieu des meilleurs triathlètes du monde.
L'épreuve elle-même est grandiose, du départ de la natation avec la jetée noire de monde, les écrans géants, les hélicos qui tournoient 100m au dessus de nous, jusqu'à la fin du marathon avec un couloir long d'un kilomètre et bordé d'une foule dense dont les encouragements vous propulsent jusqu'à l'arrivée.

Pas de miracle en natation, le manque d'entraînement ne pardonne pas dans un tel environnement : une espèce de jacuzzi géant, sans combi, avec de la houle et des courants – impossible de voir une seule bouée – heureusement les raies et les poissons multicolores m'ont diverti ; j'ai bu une bonne dose d'eau salée et n'ai pas eu besoin de pastilles de sel pour le reste de la course. C'est décidé, 2012 sera pour moi l'année du poisson et de la chlorine ! Et comme dit Jo, je vais cultiver les mitochondries dans mes petits bras. Le vélo est passé tout seul – j'ai fait un énorme volume d'entraînement sur place de J-15 à J-3 - et ça m'a vraiment réussi. Indispensable aussi d'avoir le 11 dents (merci Jo de m'avoir prévenu !) pour les passages où on n'a pas le vent de face. Le marathon au contraire a été particulièrement difficile – 35°C à l'ombre (25°C à Nice pour ceux qui y étaient) – 47°C au soleil ; j'ai souffert dès les premiers kilomètres (avec petite séance de vomissements au km 8), et ai puisé au fond de moi-même pour soutenir le rythme jusqu'au bout – fallait vraiment que ce soit les championnats du monde ... Heureusement que j'étais bien solide en vélo et que j'en avais gardé sous la pédale. Les éponges glacées tous les miles m'ont sauvé la mise. Le dernier kilomètre porté par la foule est absolument magique – j'avais la chair de poule (faut le faire avec la fournaise qu'il y avait) et le sourire jusqu'aux oreilles ... et j'ai bien du taper dans une cinquantaine de mains !!

Un grand merci à Jo pour ses conseils précieux ! et à tous ceux d'entre vous qui m'ont envoyé un message d'encouragement – ça m'a bien aidé pendant le marathon ...
Je suis très motivé pour y retourner en 2012 ! avec une bonne natation et un vélo amélioré pour pouvoir envisager de mettre un peu la pression à Jo sur marathon.
Pour finir, et seulement pour ceux qui aiment les chiffres et les stats (et bien sûr pour notre entraîneur préféré), quelques données sur la préparation et la gestion de course. Préparation sur 7 semaines, après une grosse coupure estivale. Moyenne hebdomadaire : 2h de nat, 10h30 de Vélo, 3h de càp. Soit 15h30. Un peu plus que pour Nice (14h30), mais moins en Nat et plus en Vélo. J'avais envisagé un volume nettement plus élevé mais je n'ai pas encore suffisamment de vécu en tri pour supporter une charge trop élevée. Grosse fatigue à 4 semaines de la compétition donc pas d'intensité à S-3. Gros volume vélo entre J-15 et J-3 (presque 1'000 kms contre 320 kms à Nice – et presque que du seuil aérobie – i.e 130-150bpm en moyenne – en gros l'allure de course). Une seule sortie longue de 150kms à J-10, mais beaucoup de sorties de 80-120 kms. Coupure 3javant en vélo – ça suffit – et ça évite de trop perdre. Ca c'était vraiment une bonne option pour moi – à refaire – ça ne me sert à rien d'enquiller les kms 8 semaines avant (vaut mieux faire de la qualité), mais 2-3 semaines avant c'est parfait. Nat : 6km hebdomadaires en moyenne contre 8km à Nice – insuffisant pour un non nageur. CAP : 41km hebdos contre 42km à Nice. Coupure une semaine avant. Une seule sortie longue de 2h à J-14. Beaucoup d'enchaînements. Pour 3h10-3h15, c'est parfait. Faudrait monter à 70km pour approcher les 3h, mais ça ne peut pas se faire sans risque de blessure sur 7 semaines seulement. Charge d'entraînement : CTL = 113 TSS (contre 103 à Nice) ; ATL = 107 TSS (71 à Nice – j'avais fait trop de récup – ça m'avait coûté 10 bonnes minutes en vélo ; je pense avoir bien dosé la récup à Hawaii). Pendant l'épreuve : pouls moyen vélo = 148 bpm Vs 150 bpm à Nice – première heure à 140-145 pour me remettre de la Nat. Pas de Powertap car j'avais mes jolies Zipp. Probablement autour de 220 W en moyenne cependant. CAP : 146 bpm Vs 151 bpm à Nice. J'étais beaucoup moins bien qu'à Nice et ai volontairement ralenti sur la première moitié. Pour le vélo et la CAP, pilotage psycho rigide au cardio – à la sensation j'aurais probablement approché les 5h en vélo mais explosé au marathon., car en vélo, on monte facilement dans le feu de l'action à 160 bpm sans ressentir de fatigue immédiate.









Lolo V, Posté le jeudi 20 octobre 2011 03:22
Un métronome Christophe - Félicitation!
Le marath d'un IM en 3h15 à moins de 150bpm avec 35° à l'ombre, j'ai beau cherché, je sais pas comment tu fais