TGV pour Aix, direction le Verdon, pour la dernière course de la saison, le Natureman, 1ère édition. Rien de facile, un half ironman, du gros dénivelé au programme. J'aborde cette course comme une récréation plus qu'un objectif. L'état de mon tendon d'Achille droit qui rend incertaine l'issue de la course à pied, la maladie de Mu, mon entrainement sérieux mais loin d'être optimum... Tout cela m'enlève beaucoup de pression. Il y a un an à Aix, j'étais tendu comme un arc à l'idée de ma première épreuve longue distance. Comme le temps passe... Mon premier Iron est passé par là aussi et aucune course ne sera plus jamais comme avant. Attention tout de même à respecter l'épreuve. Ce n'est pas une cyclo de village ! Il faudra mettre de l'envie, de la concentration, de la détermination sans quoi l'expérience s'avérera amère, j'en suis conscient. J'espère que l'odeur de la compétition, qui montera doucement aujourd'hui autour du site de la course et qui culminera demain au moment du départ, suffira à me mettre le mental à l'endroit.
Tendon oblige, moral un peu en berne aussi, je n'ai pas fait un seul entrainement cette semaine, contrairement à l'habitude. Curieux de voir l'impact que cette entorse aux méthodes éprouvées aura sur ma performance. Comme d'habitude une petite troupe du Stade est à la man½uvre, Thomas, Alexandre, Jean-Luc, Laurent, Jean-Hubert. Les bons moments s'annoncent, avant, pendant et après la course. A l'étude du parcours je lance un pronostic : finir en moins de six heures demain sera pour notre brochette de quadras une jolie perf. Nous tombons d'accord là-dessus.
A Aix, la transition vers les voitures de loc se passe sans anicroche : nous aurons au moins réussi celle-là ! Une heure et demie de jolies routes plus tard nous voilà aux Salles sur Verdon. L'auberge des Salles, idéalement située à l'aplomb du départ de la course, à cent mètres de l'arrivée, nous accueille chaleureusement. Les chambres à 60¤ que nous partageons à deux sont correctes ; elles ont une magnifique vue sur le lac et un balcon pour laisser les vélos : que demande le peuple ?! Le check in course est ensuite d'une facilité et d'une rapidité reposante : nous sommes loin de la grosse machine Ironman ! Le soleil brille, le site est magnifique. Le moral est au beau fixe. Il nous reste à bouffer des pâtes, à faire quelques petits tours de roues pour tester le bon fonctionnement des machines maintenant remontées et à reposer les jambes. Un programme exigeant en somme ! Le wifi de l'hôtel fonctionne au poil et je me fais un Skype enthousiaste avec ma fillette qui adore découvrir mon marquage de bétail sur le mollet et sur l'épaule, un beau 421 tamponné si énergiquement que je parie qu'il mettra du temps à s'effacer ! J'en suis fier comme un môme !

Dimanche 7 octobre
Course à pied, kilomètre sept. Les terribles crampes du premier kilomètre sont évacuées. Trois gels avalés presque coup sur coup en ont eu raison. Le chemin est inégal, pierreux, parsemé d'ornières mais ma foulée jusque là a été presque confortable. Depuis le début de ma préparation, mi août, j'ai couru quatre fois en tout et pour tout ; je sais que je n'ai pas vingt kilomètres dans les jambes à un rythme ambitieux. Alors je me modère. Le temps est beau, pas trop chaud, d'autant qu'une grande partie du parcours se situe en sous-bois en retrait du lac de Sainte Croix. Chaque tri a son histoire, ses grands moments, ses descentes aux enfers. Les quarante derniers kilomètres de vélo ont été mon nirvana du jour. On dirait que s'annonce maintenant le moment de payer ses dettes. Mon Achille droit m'a gêné dès les premières foulées sur ce sol inégal qui le met au supplice. Je me suis menti quelques kilomètres mais inutile de se raconter plus d'histoire : la gène se transforme en douleur, de plus en plus mordante à chaque impact. Et j'en termine seulement avec le premier tiers du parcours... Ce n'est pas gagné. Je serre les dents. Je sais faire. On ne fait pas du tri sans avoir passé une sorte de pacte avec la douleur, surtout sur longue distance. Sans forcer, je continue pourtant à avaler concurrent sur concurrent. Il faut dire que le parcours est comme qui dirait sélectif ; beaucoup sont au ralenti, certains se sont déjà repliés sur la marche. Voir la souffrance des autres aide à tenir la sienne en respect, alors j'avance. Kilomètre dix. La douleur qui monte à l'Achille gauche cette fois depuis plusieurs minutes devient cuisante et m'oblige à m'arrêter car j'en devine la cause. Je retire les talonnettes que j'avais glissées dans les running pour raccourcir la course du tendon droit et l'économiser. En remontant le niveau du pied dans les chaussures elles ont provoqué, à gauche, un frottement qui a fini par me mettre l'épiderme en sang ! Ca à l'air superficiel ; je repars, soulagé à gauche, mais toujours plus meurtri à droite. Le parcours est terrible, le plus difficile que j'ai eu à affronter en tri, et de loin. Certains passages à 30 ou 40% se prennent au pas, les mains sur les genoux. Epingles à cheveux, descentes rocailleuses, dévers, rien ne nous est épargné. Quand un petit morceau d'asphalte se présente je réalise que les jambes sont plutôt d'humeur joyeuse mais très vite un chemin cabossé vient doucher leur enthousiasme. Le tendon brûle. Evidemment il faudrait en rester là, abandonner, prendre ses pertes, se retirer de la table de jeu tant que les dommages sont raisonnables. Evidemment je n'en ferai rien. Je pense à Mu et au combat qu'elle commence. Qu'est-ce que cette heure de souffrance à coté de la bagarre d'une vie ? Qui suis-je pour oser parler de souffrance ? Qu'ai-je vécu ? Non, la souffrance, la douleur, les vraies, ne sont pas celles que l'on choisi de s'infliger une tenue de sport sur le dos. Alors je vais m'accrocher, pour moi, pour elle, pour une certaine idée que je me fais de la volonté, de l'harmonie du grand tout où tout serait connecté, mon petit challenge et son grand combat. Je vais m'accrocher en pensant naïvement que la force dont je fais preuve ainsi est une force qui arrivera jusqu'à elle. C'est un message que j'envoie au destin : nous tomberons, oui, sans doute, mais pas tout de suite. Et quand cela se produira, ce sera les armes à la main. Alors je cours, sans penser qu'il puisse en être autrement, sans penser qu'il y aura une fin à cette course, hypnotisé par la cadence de mes pas sur le sol. Je cours en me disant que c'est pour hier, aujourd'hui et demain réunis. Alors que je ne les regarde plus, les kilomètres défilent, certains paresseux, d'autres avec entrain. Je jette parfois un ½il en arrière pour voir si mes copains du Stade, dépassés sur la fin du vélo, ne reviennent pas sur mes talons. Thomas et Laurent notamment, croisés un peu plus tôt, semblaient s'être refaits ; ils avaient une belle foulée. Je n'exclue pas qu'ils m'avalent sur la fin. Cette idée me pousse à relancer. La compétition est ce qu'elle est : on a beau faire la course pour soi, les copains nous pousseront toujours plus loin !
Pour éloigner la douleur je me rejoue la course. Le réveil à six heures quarante cinq, le petit déj tous ensemble, la portion de Gatosport plus étouffante que jamais, la minutieuse préparation des dernières heures, détail après détail. Puis, la descente vers le lac, le premier contact avec l'eau à l'échauffement, pas tout à fait tiède, pas complètement fraiche non plus, agréable après quelques minutes. Et le départ qui rapplique, à 9h30 tapante. Le bonnet bleu vissé sur le crâne, je m'élance comme sept cent autres enragés ! Go ! Go ! Go ! J'ai l'impression que nous sautons en parachute ! La nat, tout de suite est mauvaise, très mauvaise. Les trois cent premiers mètres, pataugés littéralement, étouffés dans la combi sont pénibles. Puis le rythme s'installe mais la fluidité ne vient pas. Un mal de dos pernicieux n'arrange rien à l'affaire. Le site est splendide pourtant sous le soleil qui peu à peu se lève au-dessus des crêtes. Les montagnes autour émergent de la brume, deux montgolfières dérivent paresseusement au dessus de nos têtes, l'eau du lac est d'un calme absolu, scandaleusement transparente ; elle a un agréable goût de pierres roulées. Mais cet assaut de jolies choses ne me fait pas nager plus vite! Je sors de l'eau en 41minutes, 517ème temps. J'ai parcouru les deux kilomètres sur un rythme inférieur aux quatre kilomètres niçois en juin ! Beurk ! Sans surprise les vélos des copains ont disparu du parc. Re beurk !

Une fois en selle, les premières sensations sont moyennes. Pas le temps de gamberger : la première ascension du jour se pointe après trois bornes. Me voilà parti pour une petite dizaine de kilomètres de montée, vers Aiguine. Je me les coltine au train, un peu essoré par ma nat laborieuse. Je reviens sur quelques concurrents au fil des kilomètres ; d'autres me dépassent, énervants de facilité. Je sens mes pulsations prêtes à décoller alors je grimpe sans autre ambition que celle de ménager l'organisme en attendant des heures meilleures. L'ascension est difficile ; je passe trop de temps debout sur le vélo. Ça n'annonce rien de bon.

Le paysage sous le soleil du matin est à couper le souffle : le lac turquoise en contrebas, les pics calcaires autour, les villages plus charmants les uns que les autres. Unique. J'aimerais distinguer, quelques lacets plus haut, un maillot rouge et bleu du Stade mais rien de rien. Je me sens un peu seul. La claque prise en nat me reste en travers de la gorge. J'ai l'enthousiasme en berne. Fin de la première difficulté ; toujours ça de fait. La descente est splendide, revêtement impeccable, virages larges. J'y dépasse les soixante km/h sans prendre de gros risques. Je commence à sourire, grisé par la vitesse sans doute. Je fais bien d'en profiter car après quelques kilomètres sans saveur arrive le morceau de choix, objet de nos fantasmes depuis plusieurs jours : « l'Enfer du sud », une ascension de deux kilomètres, raide comme la justice, qui pointe à 16% ! Kilomètre trente huit, Moustier Ste Marie, nous quittons donc la départementale 952 pour une improbable route communale : c'est parti ! On nous promet l'enfer, la promesse est tenue ! Tout de suite, debout sur la machine, je m'arrache, coup de pédale après coup de pédale. Sur certaines portions mon compteur tombe à 7km/h ! Il ne dépassera jamais les 9 ! Pour la première fois dans ma courte carrière de cycliste, j'envisage de mettre pied à terre ! Inutile de penser à gérer, à s'économiser, non. Chaque coup de pédale demande le maximum, le poids du corps tout entier balancé à droite, puis à gauche, le quadri bandé pour descendre la pédale, le mollet et les ischios à fond de puissance pour la remonter de l'autre coté, effort impitoyable, et encore et encore. Drôle de combat fait de violence au ralenti ! Je regrette le triple plateaux de ma première monture il y a trois ans déjà. Le double plateaux, même en 34 devant et en 28 derrière, est cruel pour mes quadri de moineau ! Les trajectoires sont incertaines, certains zigzagants dangereusement alors que des voitures descendent en face sur cette portion de route non fermée à la circulation : il vaut mieux rester concentré. Étonnamment, quelques-uns montent plus lentement que moi encore, à six, cinq km/h peut-être ! Du délire ! Un lacet ici ou là permet de poser deux secondes le cul sur la selle, répit infime que je savoure pourtant comme s'il s'agissait d'une après-midi sur une chaise longue ! « Sommet dans 500 mètres », annonce un panneau. Ouf, je sais que j'irai en haut maintenant et la difficulté du coup se fait moins tranchante. Les sous-bois s'éclaircissent, un dernier raidillon et nous débouchons sur un immense plateau : le sommet ! J'en ponctue le passage d'un « whaou ! » sonore qui fait sursauter le bénévole de service !
Le parcours qui s'ouvre devant moi est roulant sur une quinzaine de kilomètres. L'intensité de la montée précédente m'a enfin mis dans la course. Rien de tel qu'une belle bagarre pour se remettre la tête à l'endroit ! Mon corps a compris le signal car au lieu de me sentir entamé, j'ai les jambes pour envoyer. Trente cinq, quarante, quarante cinq à l'heure : bien calé sur les prolongateurs, je vole ! Happés par mon nouvel appétit les kilomètres défilent ! Plaisir supplémentaire, je double, je double, je double. A ce rythme, l'espoir de revoir un maillot du Stade avant le buffet d'après course renait ! Montée vers Baudinard maintenant. Magique, les jambes tournent toutes seules. Les coquines m'avaient caché leur jeu ! Je dépose mes camarades d'ascension avec tant de désinvolture qu'ils doivent me croire chargé comme un texan rescapé du cancer ! Sur cette portion nous croisons des concurrents qui redescendent après avoir fait demi tour au sommet. Peu avant le sommet justement, voilà que je croise les Stadistes ! Dans l'ordre, Jean-Hubert passe en trombe, tout juste suivi de Jean-Luc. Puis c'est au tour de Laurent, Thomas et enfin Alexandre. L'écart n'est pas énorme. Je suis revenu dans la course les copains ! Là haut mon moral est à bloc et je me lance avec envie dans une descente un peu déraisonnable. Kilomètre soixante dix, dernière ascension, plutôt un long faux plat assez prononcé. Je suis bien ; sans tirer sur le cardio je continue ma remontée. Enfin, deux cent mètres devant, un maillot du Stade se profile ! Il s'agit d'Alex semble-t-il, ramassé sur sa machine. Je reviens sur lui au train. Nous échangeons quelques mots et je repars à l'attaque. Je passe Thomas un peu plus loin qui a la gueule de travers, pas bien du tout semble-t-il. Quelques centaines de mètres plus loin, voilà Laurent qui parait lui aussi à la peine. J'ai les jambes alors j'enchaine. Pourquoi se priver d'une folie qui sourie ? Me voilà en haut de la dernière montée sans avoir eu le temps de souffrir. Etonnant ! Sans doute un effet retour de ma prépa Iron du printemps dernier. Sur le long plat face au vent qui termine le parcours je reste en dedans. Jean-Hubert est trop loin devant ; plus personne à aller chercher ; la course est encore longue. Cinq kilomètres de descente terminent la chevauchée durant lesquels je m'applique à faire tourner les jambes pour préparer la cap. Dernier kilomètre. Voilà Jean-Luc à mes cotés. Je l'avais oublié ! Je l'ai doublé sans le voir un peu plus tôt et il est revenu ! Nous entrons ensemble au parc à vélo avec 92km au compteur. Voilà un parcours vélo pas bégueule sur la distance ! 3h14 pour tout ça, c'est plutôt pas mal. 378ème temps, c'est correct.
Mais ça c'était avant, quand tout allait encore bien. Maintenant il y a une course à finir, à pied, dans la douleur.
J'avale un sixième gel, un septième même. Mon estomac tient le choc. Je suis doué pour bouffer ; mon seul talent de triathlète ! J'attaque le second tour, plus court que le second ; cinq kilomètres à tenir. La cote dans la forêt pour remonter vers le village est terrible, sinueuse, parsemée de marches inégales. Je la gravis en marchant, comme mes camarades d'infortune. Le morceau de bitume qui mène ensuite vers l'arrivée est plus accueillant. Mais, quand les finishers prennent à gauche, cent mètres avant la ligne, je repars pour un tour, à droite. Nouvelle descente casse gueule sur les cailloux donc, avec une belle épingle à cheveux, tout en bas, qui donne envie de finir droit dans le lac ! Je m'abstiens, négocie le virage au ralenti et je relance en trottinant. Trois K avant l'arrivée, dernier ravito, dernier gel, quelques pas, deux gorgées d'eau, le reste du gobelet versé sur le crâne, c'est frais, c'est bon. La tentation de marcher est plus forte que jamais ; j'y résiste pour je ne sais quelle raison. Absurde. Pour une fois je ne suis pas dans l'émotion ; la douleur au tendon a tué le plaisir. Je ne suis plus que détermination, un bloc de volonté qui refuse de penser. L'ultime ascension de la colline n'est supportable que parce c'est la dernière et que je le sais. Je l'effectue en marchant bien sûr, sans oser regarder plus haut que le morceau de terre où je poserai mon prochain pas ; qui imaginerait courir ici ?

Malgré la fatigue, ma lucidité reste intacte. Je perçois même la réalité avec une acuité décuplée : le souffle rauque d'un concurrent en contrebas, les encouragements que prodigue une jeune femme plus haut à un certain Vincent, une feuille en avance sur l'automne qui tourbillonne jusqu'au sol, un filet d'air qui murmure à mes oreilles un soupçon de réconfort. Le monde est là, si présent, et je le regarde de loin pourtant. Le sentiment est étrange. Le plat enfin, le bitume enfin pour en finir ; cinq cent mètres enfin de délivrance ; j'accélère, je libère une foulée qui ne demande que ça. C'est bon ! Je me permets de finir en trombe. C'est encore meilleur ! 1h53, 273ème sur la cap, c'est inespéré au vu des conditions. 5h55, 347éme au total, c'est là aussi ce que je pouvais attendre de mieux.
Je franchi la ligne plus soulagé que content, pas vraiment épuisé, juste heureux d'arrêter de martyriser ce foutu tendon d'Achille. Laurent arrive une petite minute derrière ; deux kilomètres de plus et il me reprenait. Thomas ensuite rate les six heures d'un cheveu. Livide, il s'allonge à même le sol, quelques mètres après la ligne sans même avoir le courage de pousser jusqu'au ravito. Quand il se relèvera, quelques minutes plus tard, ce sera pour se traîner jusqu'à la tente des pompiers et se faire mettre sous perf. Allongé sur un lit de camp, une piquouse dans le bras, une jolie couverture de survie en travers de la trifonction, il est mignon tout plein ! Rien d'autre au bout du compte qu'une petite chute de tension qui passera en quelques minutes. Je croise Jean-Hubert qui rayonne. Il a terminé sur une grosse cap et boucle l'épreuve en moins de 5h45, chapeau ! Voilà Alex qui rapplique à son tour; il en termine avec son premier half, fier comme un pape, rincé par la cap, lui aussi ! Et Jean-Luc peu après qui a calé à pied, lui aussi l'Achille réduit en compote par ces foutus chemins de traverse ! Sans blague ! Zamorra, le dernier roi d'Embrun, a gagné l'épreuve en 4h15 apprenons-nous. La perf relativise nos exploits mais on s'en fout un peu, non ?

Voilà, la saison est bouclée ! Trois courses seulement cet été, mais quelles courses ! Calvi d'abord, le championnat de France LD, sa nat interminable, le vent du diable sur sa merveilleuse corniche, mon finish enflammé et déraisonnable. Nice ensuite, le souvenir d'une vie, rien de plus, rien de moins. Et puis ce sacré Naturman pour finir en beauté, au sens propre tant nous avons bouffé du grandiose toute la journée ! Le tri est une aventure qui se paie cher ; le tri est une épopée qui se vit fort. C'est un voyage d'Ulysse aux confins de soi-même, terrible est magnifique. J'ai tatoué en quelques mois cette vérité dans mes fibres, dans mon c½ur. Maintenant c'est coupure, maintenant c'est repos ! Et après ? Un autre tour de manège ?


















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